Publications


Ouvrage ⎜ Le sentiment du monde

Catherine Grout
Éditions Le Lettre Volée, collection « Essais »
Bruxelles, 2018
272 p.
25 €

En lien avec l’expérience d’œuvres contemporaines (de Tacita Dean, Willie Doherty, Hatakeyama Naoya, Bethan Huws, Santu Mofokeng, Walter Niedermayr, Anri Sala et Seton Smith) et architecturale (de Naito Hiroshi), et avec une incursion dans l’histoire récente de la notion de paysage au Japon, l’auteure développe ici l’interprétation donnée par le neuropsychiatre Erwin Straus (1891-1975) en 1935 de l’« espace du paysage ». Proche de la phénoménologie, cette interprétation amène une reconsidération politique du paysage comme étant l’expérience polysensorielle de l’être-vivant et comme moment en lequel celui-ci éprouve le monde en s’éprouvant lui-même dans le monde et rencontre autrui. Straus enseigna du reste un temps au Black Mountain College, la célèbre école d’art américaine basée sur les principes du Bauhaus.

Catherine Grout est professeure d’esthétique HDR à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, chercheuse au LACTH, ancienne résidente à la villa Kujoyama (1994-1995), auteure de Pour une réalité publique de l’art (L’harmattan, 2000) ; L’Émotion du paysage. Ouverture et dévastation (La Lettre volée, 2004) et L’Horizon du sujet. De l’expérience au partage de l’espace (La Lettre volée, 2012).


Ouvrage ⎜ Glossaire de mésologie

Augustin Berque
Éditions éoliennes, 2018
48 p.
6 €

Plutôt qu’une discipline, qui serait en somme une écologie phénoménologique, il faut considérer la mésologie comme une perspective générale, périmant le dualisme moderne. Pour la mésologie, la réalité, celle des milieux concrets, n’est ni proprement objective, ni proprement subjective, mais trajective.  Cela concerne aussi bien les sciences de la nature que les sciences humaines. Relevant à la fois de l’ontologie et de la logique, la perspective nouvelle qu’apporte la mésologie est onto-logique. Dépassant le paradigme moderne classique, cette perspective nouvelle s’impose, en un temps où l’abstraction du dualisme, jointe au principe du tiers exclu, avec ses attributs divers (mécanicisme, réductionnisme, analytisme, individualisme, capitalisme, industrialisme…), en est arrivée à provoquer non seulement ce que l’on appelle désormais la Sixième Extinction de la vie sur Terre, mais en outre décompose le lien social et ravage les paysages ; autrement dit, a entraîné une perte de cosmicité qui pourrait bien nous être fatale. Recosmiser l’existence humaine, la reconcrétiser, la réembrayer à la Terre, voilà le triple objectif que se donne la mésologie.


Ouvrage ⎜ La mésologie, un autre paradigme pour l’anthropocène ? – Autour et en présence d’Augustin Berque

Marie Augendre,  Jean-Pierre Llored, Yann Nussaume (dir.)
Hermann, éditeurs des sciences et des arts, 2018
416 p.
32 €

Nous sommes entrés dans une ère, baptisée anthropocène, où les effets de l’action humaine sur la planète deviennent géologiquement significatifs. Quelle que soit la date à laquelle on peut faire remonter cette nouvelle ère, les bouleversements sont d’une ampleur inédite et potentiellement irréversibles à l’échelle humaine. Face à ces changements, le géographe et orientaliste Augustin Berque, récusant le dualisme mécaniste qui a fondé la modernité, repense en un paradigme transmoderne la mésologie – l’étude des milieux singuliers propres à tous les vivants, à la différence de l’écologie, science moderne qui étudie l’environnement comme un objet universel. Comment les sciences actuelles – celles dites exactes autant que les sciences humaines et sociales – peuvent-elles s’en nourrir pour, d’une part, repenser les interactions entre la planète et les êtres humains, et, d’autre part, proposer des perspectives à la société actuelle et à venir ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage cherche à répondre. En trois thématiques (« Notions et théories des milieux », « Champs du déploiement de la mésologie », « Mutations des milieux humains et non humains »), il reprend les interventions et les synthèses des débats du colloque La mésologie, un autre paradigme pour l’anthropocène ? organisé en septembre 2017 à Cerisy autour d’Augustin Berque et en sa présence.

Marie Augendre est géographe, maître de conférence à l’université Lyon-2, membre du laboratoire EVS-UMR 5600. Jean-Pierre Llored est ingénieur, agrégé de chimie, docteur en épistémologie et histoire des sciences et des techniques, chercheur invité au Linacre College (Oxford). Yann Nussaume est architecte, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-la-Villette, directeur de l’équipe AMP UMR LAVUE.


Ouvrage ⎜ Atlas du Japon – L’ère de la croissance fragile

Rémi Scoccimarro

Cartographie : Claire Levasseur
Éditions Autrement, 2018
96 p.
24 €

Le pays, pourtant 3e puissance économique mondiale, peine à renouer avec le temps du miracle économique.
Le pays connaît en effet de profondes évolutions : démographie, prise de conscience d’un système défaillant, notamment après la catastrophe de Fukushima…
Les mutations de l’espace urbain, marqueur fondamental de la société japonaise, sont ici mises en avant et analysées. Le pays, toujours ancré dans ses traditions, reste ouvert au monde et à la pointe des nouvelles technologies.

Rémi Scoccimarro est Docteur en Géographie, Maître de Conférences en langues et civilisation japonaises à l’Université de Toulouse Jean Jaurès. Membre du Centre d’Études Japonaises (INALCO), il est Chercheur à la Maison Franco-Japonaise de Tôkyô. Il travaille sur les mutations de l’espace urbain, les recompositions démographiques, et les conséquences socio-spatiales du tsunami et de l’accident nucléaire de 2011.

Claire Levasseur est cartographe indépendante.

 


Ouvrage ⎜ L’architecture des déplacements. Gares ferroviaires du Japon

Corinne Tiry-Ono

Préface de Nicolas Fiévé
Éditions Infolio, 2018
328 p.
15,00€

 

Au Japon, la grande gare ferroviaire cristallise de multiples enjeux
de la fabrique et du renouvellement des métropoles. Cet ouvrage se
concentre sur la généalogie de cet équipement, du point de vue de
ses mutations architecturales et urbaines dans le contexte d’une
modernité désirée ou éprouvée. À l’appui de nombreux exemples
illustrés, il vise à donner des clés de compréhension d’une forme de
centralité singulière, qui allie activité et mouvement et constitue un
repère structurant du paysage urbain nippon. L’originalité de ce
modèle provient de la persistance, réelle ou mentale, de schémas
traditionnels de pensée et pratique de la ville, au sein d’un processus
de réinvention et de reconstruction permanent.
Matérialisation spatiale du thème de la connexion, la grande gare
japonaise marque aussi réflexions et opérations à grande échelle. La
relecture d’un ensemble de projets d’architectes japonais pour
Tokyo, laboratoire des années de forte croissance, décrypte cette
même approche conjuguée de l’architecture des déplacements.

Cet ouvrage a bénéficié du soutien de la Fondation de France et du CNRS (UMR CRCAO).


Ouvrage ⎜ Façons d’habiter au Japon. Maisons, villes et seuils

Philippe Bonnin et Jacques Pezeu-Massabuau
CNRS Éditions, 2017
496 p.
28,00€

 

 

 

Les études réunies ici témoignent d’une commune passion pour la maison – traditionnelle ou très contemporaine –, la ville et l’espace japonais, visités par la plume des deux auteurs.

Ils sont pour l’un géographe – Jacques Pezeu-Massabuau –, pour l’autre architecte et anthropologue – Philippe Bonnin. Chacun, de son côté, a poursuivi un travail obstiné d’observation, de description, de dévoilement, d’analyse approfondie de la réalité de cette habitation japonaise, de son esthétique, des gestes, des paroles qui l’entourent. Réunir ces textes devenait un impératif pour confronter leurs approches complémentaires et décoder cette culture japonaise si passionnante.

 

 


Ouvrage ⎜ Vieillissement et déprise urbaine au Japon – Les nouveaux défis de l’aménagement

Natacha Aveline-Dubach (dir.)
Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET)
La Documentation française, Déc. 2015
106 p.
12,00€

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D’ici 2050, le Japon aura perdu près d’un quart de ses habitants, soit 30 millions de personnes, et les plus de 65 ans constitueront alors près de la moitié de sa population. Ces inquiétantes perspectives démographiques placent le pays devant des défis sans précédents en matière d’aménagement. L’ouvrage fait découvrir comment la société japonaise se mobilise pour faire face aux conséquences de cette chute brutale de la population et à son vieillissement.

    Sont ici évoqués :

  • la redynamisation de villages en zone rurale excentrée,
  • le traitement des phénomènes de rétractation urbaine (ville nouvelle de Senboku)
  • la reconfiguration de l’offre de services des groupes ferroviaires privés (grands pourvoyeurs de services sans commune mesure avec ce qui se fait en France notamment à destination des personnes âgées. Cartes et graphiques viennent ponctuer ces développements.

Même si les évolutions démographiques et les fondements culturels de la France ne sont pas comparables, ces expériences japonaises peuvent néanmoins constituer d’utiles sources d’inspiration pour les acteurs hexagonaux de l’aménagement du territoire.


Ouvrage ⎜ Le sanctuaire d’Ise – Récit de la 62e reconstruction

Jean-Sébastien Cluzel et Nishida Masatsugu (dir.)
Bruxelles, Éditions Mardaga, Oct. 2015
192 p.
34,00€

1510_sanctuaire_d_iseCe livre est avant tout le récit d’un chantier exceptionnel, celui de la 62e reconstruction du grand sanctuaire d’Ise, le plus vénérable des sanctuaires de l’archipel japonais, le dernier des grands sanctuaires shintô à être cycliquement reconstruit.

Tous les 20 ans, depuis le VIIe siècle, avant d’être démantelé, le sanctuaire ancien sert de modèle pour bâtir le nouveau. L’ampleur du chantier et sa régularité font de ce lieu sacré un cas unique au monde. Pourtant, si cette architecture et ces reconstructions jouissent d’une immense notoriété, elles ont toujours été gardées au secret, à l’abri des regards, cachées derrière des enceintes éphémères qu’il est interdit de franchir.

À l’occasion de la 62e reconstruction, à l’automne 2013, quelques jours seulement après le transfert de la divinité dans le nouveau sanctuaire, quelques jours seulement avant le démontage du sanctuaire ancien, les autorités religieuses ont exceptionnellement ouvert les portes du vieux temple aux auteurs de cet ouvrage pour leur permettre d’interroger ce phénomène depuis l’intérieur.

Le livre présente les réflexions de l’architecte et de l’ingénieur en chef qui ont supervisé les campagnes de reconstruction au cours des 40 dernières années et leur ont rendu une certaine pérennité. Un « carnet de chantier » inédit dévoile ensuite les secrets de cette 62e reconstruction, des dernières innovations à la transmission plus que millénaire des savoir-faire traditionnels. L’ouvrage contient enfin un recueil d’essais signés par les chercheurs français et japonais qui ont participé à cette découverte.

Cet ouvrage exceptionnel sur une pratique patrimoniale et religieuse emblématique de la conception japonaise du patrimoine et de la recherche de la pérennité, à travers la reproduction et l’impermanence, offre pour la première fois un décryptage complet de ce phénomène si régulièrement évoqué et si imparfaitement connu pourtant.
Les contributions des auteurs japonais et français de ce volume associent et articulent de la façon la plus stimulante les points de vues techniques, patrimoniaux et philosophiques.

Cet ouvrage exceptionnel sur une pratique patrimoniale et religieuse emblématique de la conception japonaise du patrimoine et de la recherche de la pérennité, à travers la reproduction et l’impermanence, offre pour la première fois un décryptage complet de ce phénomène si régulièrement évoqué et si imparfaitement connu pourtant. Les contributions des auteurs japonais et français de ce volume associent et articulent de la façon la plus stimulante les points de vues techniques, patrimoniaux et philosophiques.


Ouvrage ⎜ Architectures et villes de l’Asie contemporaine. Héritages et projets

Nathalie Lancret et Corinne Tiry-Ono (textes réunis par)
Bruxelles, Éditions Mardaga, 2015
176 p.
29,00€

1509_villes-asieLes cultures spatiales des villes d’Asie sont approchées ici du point de vue de leurs singularités et spécificités, tant historiques que contemporaines, dans la conception et la transformation de leursformes architecturales et urbaines. Dans cette aire géographique et culturelle, la période actuelle est marquée par des accélérations de l’urbanisation et des changements dimensionnels qui modifient l’importance relative du peuplement urbain, l’étendue des espaces construits et l’échelle des projets architecturaux et urbains. Dans ce contexte, qu’en est-il de la place et du rôle des héritages, visibles, enfouis ou imaginés, dans les manières de concevoir et de produire les villes ? À travers des exemples situés en Chine, au Japon, au Vietnam et à Bali, les textes réunis dans cet ouvrage abordent des situations passées et présentes à la lumière d’échanges culturels et de médiations entre héritages et projets qui seraient à l’origine d’expressions originales d’une modernité contextualisée à l’échelle locale. Les auteurs s’appuient sur l’étude de projets architecturaux et urbains qui composent avec les héritages et créent des éléments de différenciation entre les villes. Ces projets sont appréhendés à travers leurs mécanismes de conception, de production et de réception par les sociétés et leurs acteurs – habitants, usagers et hommes de l’art. Leur analyse permet de suivre la circulation des composantes d’une culture spatiale donnée, leurs réceptions croisées et leurs métissages à l’œuvre dans les processus de transformation de l’espace – bien souvent source d’invention et d’innovation.

Des pages peuvent être feuilletées ICI

Contributeurs : Emmanuel Cerise, Pierre Clément, Jean-Sébastien Cluzel (*), Bruno Fayolle-Lussac, Caroline Herbelin, Benoît Jacquet (*), Nathalie Lancret, Corinne Tiry-Ono (*). (*) : membre du réseau JAPARCHI.


Ouvrage ⎜ HOKUSAI, Le vieux fou d’architecture

Jean-Sebastien Cluzel (dir.), Antoine Gournay, Inaga Shigemi, Christophe Marquet, Valérie Nègre, Nishida Masatsugu
SEUIL, 2014
280 p.
29,00€

2014_Hokusai_Le vieux_fou_d'_architectureEn 1816, Katsushika Hokusai (1760-1849), le célèbre maître de l’estampe japonaise, consacre le cinquième volume de sa Manga à l’architecture. Vingt ans plus tard, il reprend ce thème dans un nouveau manuel de dessin : le Livre de dessins pour artisans. Nouveaux modèles (1836). Au Japon, faire de l’architecture le sujet d’un livre illustré était inédit et jamais un recueil de gravures sur bois n’avait rendu des bâtiments avec autant de clarté et de véracité.
Destinés aux artisans, ces deux manuels de dessin d’architecture permettent de découvrir comment l’artiste marie les traditions picturales chinoise, japonaise et occidentale, et associe avec génie l’art du dessin et l’art d’édifier. Rappelant les grands traités d’architecture d’Europe, ces deux ouvrages sont à l’avant-garde de l’approche architecturale japonaise moderne.
Ces chefs-d’oeuvre du livre illustré de l’époque d’Edo sont, pour la première fois, reproduits ici et accompagnés de leur traduction intégrale et annotée. Les exemplaires présentés, conservés à la Bibliothèque nationale de France, ont appartenu à Théodore Duret (1838-1927) et à Edmond de Goncourt (1822-1896), défenseurs des impressionnistes et grands amateurs d’art japonais.

Traducteurs : Jean-Sébastien Cluzel, Christophe Marquet, Nishida Masatsugu.