Mésologiques: philosophie des milieux


Augustin Berque, directeur d’études*
Luciano Boi, maître de conférences
Mésologie, Umweltlehre, fûdoron : racines épistémologiques et débats actuels
Les 2e et 4e vendredis du mois de 18h à 20h dans l’amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006 Paris.

La question des milieux est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l’Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l’œuvre d’art et à l’architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne.

Renseignements : abilande@wanadoo.fr ; 01 60 12 32 43.
Guide introductif : A. BERQUE, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire?, Nanterre La Défense, Presses universitaires de Paris Ouest, 2014.

Thème général du séminaire en 2014-2015: « Milieu, art, poétique »