Soutenances (doctorat, HDR)


Doctorat ⎜ La figure de l’artiste et la question de l’art dans la littérature du Japon moderne

Auteur(e) : Minami Asuka
Titre de la thèse : « La figure de l’artiste et la question de l’art dans la littérature du Japon moderne ».
Établissement d’obtention : INALCO, Paris
Direction : Jean-Jacques Origas

Soutenance : 2003

Résumé

Le milieu des beaux-arts institutionnalisé après la Restauration de Meiji en 1868 changea la conception de l’art dans l’Archipel. La nouvelle esthétique ainsi que la conception de l’art et de l’artiste introduites de l’Occident influencèrent plus particulièrement les hommes de lettres qui recherchaient des sujets modernes et des façons originales de décrire. Nous examinerons l’évolution de la perception de l’art ainsi que celle de l’image de l’artiste à l’époque moderne au Japon en divisant notre recherche en cinq parties dans lesquelles une dizaine d’écrivains représentatifs seront étudiés. La première partie est consacrées à la problématique du nu à l’ère Meiji: comment les critiques d’art ainsi que les hommes de lettres japonais acceptent ou refusent le nu, une valeur artistique venue de l’Occident. La seconde partie concerne les difficultés de réadaptation des peintres japonais à leur pays après qu’ils ont profondément assimilé les valeurs artistiques de l’étranger. Les lieux décrits fonctionnent comme un dispositif destiné à apaiser les angoisses des protagonistes. Dans la troisième partie, nous abordons les problèmes liés à la perception de l’art: la traduction de certaines notions d’art plastique et la mise en pratique de ces notions dans les oeuvres littéraires. Dans la quatrième partie, nous traitons de la représentation de scènes fantastiques à travers les figures de peintres. Chacun des artistes tisse un récit relatif en se référant habilement à des textes multiples, étrangers et japonais. La cinquième partie est consacrée à l’analyse de l’attitude qui consiste à dépasser l’influence de l’art occidental, à travers deux personnages qui illustrent la vie de peintres japonais en Europe au tournant des années 1930. Ainsi, ce travail touche aussi bien à l’histoire de la littérature japonaise qu’à histoire de l’art, autour de la représentation des personnages d’artistes et de la description de scènes picturales


Doctorat ⎜L’utilisation du verre dans l’architecture : l’exemple pragois 1890-1990

Auteur(e) : Christine Vendred-Auzanneau
Titre de la thèse : « L’utilisation du verre dans l’architecture : l’exemple pragois 1890-1990 ».
Établissement d’obtention : École pratique des hautes études (EPHE), Paris
Direction : Jean-Michel Leniaud

Soutenance : 1999

Résumé

Issue comme ses inspiratrices francaise et anglaise de la revolution industrielle, l’architecture pragoise du xixe siecle fait un grand usage des materiaux nouveaux ou sans cesse ameliores que sont la fonte, le verre puis le beton. Rapidement devenu indissociable de l’acier et du beton, le verre se fait au cours du xxe siecle de plus en plus present dans la construction. Au-dela de ses qualites physiques d’isolant, le verre a pu au cours des siecles sembler servir un discours. Dans une aire geographique a l’histoire aussi complexe que celle des pays tcheques, il etait legitime d’avancer que son utilisation revetirait bien d’autres significations encore. Etudier l’utilisation du verre dans l’architecture de ces territoires offre un angle d’attaque particulierement interessant a la refutation de quelques-unes des hypotheses posees par l’historiographie la plus recente. Il s’est ainsi agi de demontrer que non seulement l’utilisation du verre au cours du temps n’obeit pas forcement a un schema lineaire conduisant de l’expression de la transparence unilaterale, puis bilaterale a celle du materiau en tant que tel, mais encore que le verre n’a pas toujours ete tres utilise comme vecteur privilegie d’un discours. Si les pavillons d’exposition construits pour representer les pays tcheques depuis la fin du xixe siecle permettent en premier lieu de suivre l’evolution tant formelle que politique de son usage, leur analyse permet notamment de battre en breche ce qui est devenu l’un des topos de l’histoire de l’art selon lequel la transparence du verre associe ses vertus alternativementa un regime democratique ou a une organisation politique dont l’homme nouveau serait l’essence. Une attention toute particuliere portee a la place occupee par le materiau, dans le domaine economique et l’imaginaire collectif tcheque, vient par ailleurs eclairer des pratiques relevant, plus que des mouvements architecturaux generaux des seules conceptions personnelles des architectes en activite.


Doctorat ⎜La chanson dans l’œuvre de Céline : du grand opéra à la chanson populaire en passant par l’opéra-bouffe, l’opéra-comique, l’opérette et autres fredaines : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées

Auteur(e) : Michaël Ferrier
Titre de la thèse : « La chanson dans l’œuvre de Céline : du grand opéra à la chanson populaire en passant par l’opéra-bouffe, l’opéra-comique, l’opérette et autres fredaines : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées ».
Établissement d’obtention : Paris 4
Direction : Henri Godard

Soutenance : 1998

Résumé

Cette étude a pour but de montrer la place privilégiée de la chanson dans l’art poétique de Céline, ainsi que son apport essentiel dans le renouvellement du genre romanesque qu’il opère au XXe siècle. Apres avoir observé la distribution des passages chantes selon les romans et leur importance de plus en plus revendiquée, nous mettons en lumière le lien intime entre la chanson, genre oral propice à toutes les transformations, et l’idéal célinien de la transposition. Nous étudions ensuite la nature et l’origine de ces chansons (opéra et ses dérives, chants de bataille, jazz etc. ) et leur rôle dans l’idéologie célinienne, grâce notamment à la réutilisation de références moyenâgeuses (chanson de geste), et du répertoire de l’école française lyrique (2e moitié du XIXe s. ). Une comparaison avec la politique chansonnière de Vichy permet de cerner ressemblances et différences, et de montrer que la chanson intéresse moins Céline pour ses connotations politiques que pour sa valeur de mémoire: conservatoire de la sensibilité au passé, elle constitue surtout une voie d’accès à une ample réflexion sur le temps. Enfin, la chanson permet une « musicalisation de la fiction » (Huxley), ambition majeure du roman occidental au XXe s. Que doit exactement le style célinien à la musique? Dans quel sens (et dans quelles limites) peut-on parler de la « petite musique » de Céline? C’est à ces questions que, grâce à des analyses rigoureuses (étude lexicale, narratologique et stylistique, analyse de la partition dans Féerie), et à une recherche minutieuse sur le patrimoine chansonnier français (Bruant, Montehus. . . ), ce travail tente de répondre. En guise de finale, une étude très poussée des deux chansons de Céline, la première du genre, permet de récapituler les principaux axes suivis. Une bibliographie très fournie (542 références), ainsi que plusieurs index complètent utilement ce travail: on y trouvera notamment les références de nombreuses chansons jusque-là non retrouvées.