Soutenances (doctorat, HDR)


Doctorat ⎜La chanson dans l’œuvre de Céline : du grand opéra à la chanson populaire en passant par l’opéra-bouffe, l’opéra-comique, l’opérette et autres fredaines : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées

Auteur(e) : Michaël Ferrier
Titre de la thèse : « La chanson dans l’œuvre de Céline : du grand opéra à la chanson populaire en passant par l’opéra-bouffe, l’opéra-comique, l’opérette et autres fredaines : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées ».
Établissement d’obtention : Paris 4
Direction : Henri Godard

Soutenance : 1998

Résumé

Cette étude a pour but de montrer la place privilégiée de la chanson dans l’art poétique de Céline, ainsi que son apport essentiel dans le renouvellement du genre romanesque qu’il opère au XXe siècle. Apres avoir observé la distribution des passages chantes selon les romans et leur importance de plus en plus revendiquée, nous mettons en lumière le lien intime entre la chanson, genre oral propice à toutes les transformations, et l’idéal célinien de la transposition. Nous étudions ensuite la nature et l’origine de ces chansons (opéra et ses dérives, chants de bataille, jazz etc. ) et leur rôle dans l’idéologie célinienne, grâce notamment à la réutilisation de références moyenâgeuses (chanson de geste), et du répertoire de l’école française lyrique (2e moitié du XIXe s. ). Une comparaison avec la politique chansonnière de Vichy permet de cerner ressemblances et différences, et de montrer que la chanson intéresse moins Céline pour ses connotations politiques que pour sa valeur de mémoire: conservatoire de la sensibilité au passé, elle constitue surtout une voie d’accès à une ample réflexion sur le temps. Enfin, la chanson permet une « musicalisation de la fiction » (Huxley), ambition majeure du roman occidental au XXe s. Que doit exactement le style célinien à la musique? Dans quel sens (et dans quelles limites) peut-on parler de la « petite musique » de Céline? C’est à ces questions que, grâce à des analyses rigoureuses (étude lexicale, narratologique et stylistique, analyse de la partition dans Féerie), et à une recherche minutieuse sur le patrimoine chansonnier français (Bruant, Montehus. . . ), ce travail tente de répondre. En guise de finale, une étude très poussée des deux chansons de Céline, la première du genre, permet de récapituler les principaux axes suivis. Une bibliographie très fournie (542 références), ainsi que plusieurs index complètent utilement ce travail: on y trouvera notamment les références de nombreuses chansons jusque-là non retrouvées.