Enseignements


Les techniques de construction traditionnelles du Japon

par le professeur WATANABE Kazumasa
Dans les locaux du laboratoire AUS-LAVUE
15 rue du séminaire de Conflans 94220 Charenton le pont

29 octobre 2015, 10-12h :
« La structure Poteau-Poutre : Essai de raisonnement de la résistance, la résilience et la stabilité »

151029_cours_WatanabeEn observant les chars du festival de Gion qui s’entrechoquent, on est impressionné par la résistance aux impacts des structures poteaux-poutres dont ils sont constitués. Comme dans une maison, les structures se déforment largement, mais les membres ne cassent pas. Si un mur rigide est inclus dans la structure, elle a toutes chances de rompre. Cette flexibilité et la résilience de la structure sont obtenues par la souplesse des joints. Mais il est difficile d’expliquer pourquoi cette déformation ne produit pas des dégâts plus importants dans la structure. En lisant un article d’un jeune ingénieur de Cambridge, nous vient l’image que le bois est un matériau composé d’une multitude de petits ballons connectés entre eux. Au Japon existe un jouet d’enfant fait d’un ballon de papier pourvu d’un petit trou : il se rétracte quand on le pousse doucement du doigt sur sa surface, mais il se gonfle quand on le tape. Il se pourrait qu’à l’image du ballon, le bois se déforme par transport de masses lent, mais qu’il augmente sa rigidité si la vitesse de déformation est plus haute. 


Mésologiques: philosophie des milieux

Augustin Berque, directeur d’études*
Luciano Boi, maître de conférences
Romaric Jannel, doctorant EPHE
Yoann Moreau, postdoctorant à l’IIAC (EHESS/CNRS)
Milieu et monde : l’approche mésologique de la perception
2e et 4e vendredis du mois de 18 h à 20 h (amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2015 au 10 juin 2016.

Dans la mésologie (Umweltlehre) d’Uexküll, la question de la perception tient une place centrale, chaque espèce percevant le donné environnemental brut (Umgebung) d’une manière qui lui est propre, et constituant par là son milieu spécifique (Umwelt). Cette question centrale est directement liée à ce qu’Uexküll a baptisé Bedeutungslehre, l’étude de la signification, qui a fait de lui le précurseur de la biosémiotique, en même temps que son Umweltlehre faisait de lui l’un des fondateurs de l’éthologie. Fortement influencé par Uexküll, Heidegger distinguera le niveau ontologique du minéral, qui est « sans monde » (weltlos), de celui du vivant, qui est « pauvre en monde » (weltarm), et de celui de l’humain, qui grâce à la parole est « formateur de monde » (weltbildend). De son côté, la mésologie (fûdoron) de Watsuji montrait que les différentes cultures humaines perçoivent et aménagent l’environnement naturel (shizen kankyô) d’une manière spécifique, élaborant ainsi historiquement chacune son milieu propre (fûdo), élaboration qui la structure elle-même dans ce « moment structurel de l’existence humaine » qu’est la médiance (fûdosei). Le problème de la perception apparaît ainsi intimement lié à la mésologie, donc aux notions de milieu et de monde.
Le séminaire entend renouer aussi avec la pensée de Merleau-Ponty comme de Simondon d’un côté, et avec l’écologie de la perception de Gibson de l’autre, en soulignant le rôle du mouvement dans la perception multimodale ainsi que l’importance de l’interaction entre la saisie corporelle de l’environnement et l’influence des propriétés de celui-ci. Nous tenterons de montrer que c’est cette interaction qui, en déployant un espace-temps singulier à partir de notre fondement terrestre, assure le développement de l’être et de sa relation signifiante au monde. De la physique à la psychologie, de la biologie à l’anthropologie, de la philosophie aux sciences sociales, de l’évolution des espèces à l’histoire humaine, de la vision bouddhique des divers niveaux de conscience jusqu’aux sciences cognitives, le séminaire approchera le problème de la perception par de multiples points de vue, pour rendre justice à sa complexité, mais avec le constant souci d’en tirer une interprétation unifiée par la relation entre milieu(x) et monde(s).

Renseignements : s’adresser par courriel aux responsables du séminaire.
Direction de travaux d’étudiants : contacter Luciano Boi par courriel.
Réception : contacter les responsables du séminaire par courriel.
Adresses électroniques de contact : berque@ehess.fr ; lboi@ehess.fr ; yomoreau@ehess.fr ; romaric6@hotmail.com.

Thème général du séminaire en 2015-2016: « Milieu et monde : l’approche mésologique de la perception »

 


Mésologiques: philosophie des milieux

Augustin Berque, directeur d’études*
Luciano Boi, maître de conférences
Mésologie, Umweltlehre, fûdoron : racines épistémologiques et débats actuels
Les 2e et 4e vendredis du mois de 18h à 20h dans l’amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006 Paris.

La question des milieux est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l’Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l’œuvre d’art et à l’architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne.

Renseignements : abilande@wanadoo.fr ; 01 60 12 32 43.
Guide introductif : A. BERQUE, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire?, Nanterre La Défense, Presses universitaires de Paris Ouest, 2014.

Thème général du séminaire en 2014-2015: « Milieu, art, poétique »