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Glossaire de mésologie

Augustin Berque
Editions éoliennes, 2018
48 p.
6 €

Plutôt qu’une discipline, qui serait en somme une écologie phénoménologique, il faut considérer la mésologie comme une perspective générale, périmant le dualisme moderne. Pour la mésologie, la réalité, celle des milieux concrets, n’est ni proprement objective, ni proprement subjective, mais trajective.  Cela concerne aussi bien les sciences de la nature que les sciences humaines. Relevant à la fois de l’ontologie et de la logique, la perspective nouvelle qu’apporte la mésologie est onto-logique. Dépassant le paradigme moderne classique, cette perspective nouvelle s’impose, en un temps où l’abstraction du dualisme, jointe au principe du tiers exclu, avec ses attributs divers (mécanicisme, réductionnisme, analytisme, individualisme, capitalisme, industrialisme…), en est arrivée à provoquer non seulement ce que l’on appelle désormais la Sixième Extinction de la vie sur Terre, mais en outre décompose le lien social et ravage les paysages ; autrement dit, a entraîné une perte de cosmicité qui pourrait bien nous être fatale. Recosmiser l’existence humaine, la reconcrétiser, la réembrayer à la Terre, voilà le triple objectif que se donne la mésologie.


La mésologie, un autre paradigme pour l’anthropocène ? – Autour et en présence d’Augustin Berque

Marie Augendre,  Jean-Pierre Llored, Yann Nussaume (dir.)
Hermann, éditeurs des sciences et des arts, 2018
416 p.
32 €

Nous sommes entrés dans une ère, baptisée anthropocène, où les effets de l’action humaine sur la planète deviennent géologiquement significatifs. Quelle que soit la date à laquelle on peut faire remonter cette nouvelle ère, les bouleversements sont d’une ampleur inédite et potentiellement irréversibles à l’échelle humaine. Face à ces changements, le géographe et orientaliste Augustin Berque, récusant le dualisme mécaniste qui a fondé la modernité, repense en un paradigme transmoderne la mésologie – l’étude des milieux singuliers propres à tous les vivants, à la différence de l’écologie, science moderne qui étudie l’environnement comme un objet universel. Comment les sciences actuelles – celles dites exactes autant que les sciences humaines et sociales – peuvent-elles s’en nourrir pour, d’une part, repenser les interactions entre la planète et les êtres humains, et, d’autre part, proposer des perspectives à la société actuelle et à venir ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage cherche à répondre. En trois thématiques (« Notions et théories des milieux », « Champs du déploiement de la mésologie », « Mutations des milieux humains et non humains »), il reprend les interventions et les synthèses des débats du colloque La mésologie, un autre paradigme pour l’anthropocène ? organisé en septembre 2017 à Cerisy autour d’Augustin Berque et en sa présence.

Marie Augendre est géographe, maître de conférence à l’université Lyon-2, membre du laboratoire EVS-UMR 5600. Jean-Pierre Llored est ingénieur, agrégé de chimie, docteur en épistémologie et histoire des sciences et des techniques, chercheur invité au Linacre College (Oxford). Yann Nussaume est architecte, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-la-Villette, directeur de l’équipe AMP UMR LAVUE.


Journée d’étude franco-japonaise « Degrés et champs de la subjectivité »

Jeudi 1er septembre 2016
9h-17h
EHESS-Paris amphi du 105 bd Raspail, 75006
langue : français

Organisée par Frédéric JOULIAN (EHESS) et UEHARA Mayuko (Univ. Kyoto)

Programme

  • 9 : 30  Ouverture : Augustin BERQUE  (EHESS)
  • Explication  UEHARA Mayuko (Université de Kyoto)
  • 9:45-10 :15  Augustin BERQUE  « La subjectité du vivant – une vue mésologique »
  • 10 :15-10 :45  Florence BURGAT (INRA/Archives Husserl UMR 8547 ENS-CNRS) « Subjectivité, conscience, expérience vécue »
  • 10:45-11 :15  Yoann MOREAU (Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain) « Qu’est-ce que la subjectivité, concrètement ? »
  • 11 : 15-11 : 45    Discussion
  • 1145-1 3 :15 Déjeuner
  • 13 : 15-13 :45 KÔNO Tetsuya (Université Rikkyô, Tokyo) « Le kata, le sens, et la situation »
  • 13:45-14:15  UEHARA Mayuko « L’objectivité intersubjective dans « L’anthropologie » de Kuki Shûzô »
  • 14 :15-14 :45    Simon EBERSOLT (Inalco, Université Paris I) « L’intersubjectivité dans le phénomène de l’iki »
  • 14 :45-15 :15    Discussion
  • 1515-1530  Pause café
  • 15:30-16:00 Romaric JANNEL (École Pratique des Hautes Études) « Repenser le couple
  • objectif – subjectif via la philosophie de Yamauchi Tokuryū »
  • 16: 00-16:30 Frédéric JOULIAN (EHESS) « Vivre avec les choses : perspective
  • évolutionnaire ».
  • 16 : 30-17 : 00  Clôture :  Frédéric JOULIAN

Résumés (suite…)


Mésologiques: philosophie des milieux

Augustin Berque, directeur d’études*
Luciano Boi, maître de conférences
Romaric Jannel, doctorant EPHE
Yoann Moreau, postdoctorant à l’IIAC (EHESS/CNRS)
Milieu et monde : l’approche mésologique de la perception
2e et 4e vendredis du mois de 18 h à 20 h (amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2015 au 10 juin 2016.

Dans la mésologie (Umweltlehre) d’Uexküll, la question de la perception tient une place centrale, chaque espèce percevant le donné environnemental brut (Umgebung) d’une manière qui lui est propre, et constituant par là son milieu spécifique (Umwelt). Cette question centrale est directement liée à ce qu’Uexküll a baptisé Bedeutungslehre, l’étude de la signification, qui a fait de lui le précurseur de la biosémiotique, en même temps que son Umweltlehre faisait de lui l’un des fondateurs de l’éthologie. Fortement influencé par Uexküll, Heidegger distinguera le niveau ontologique du minéral, qui est « sans monde » (weltlos), de celui du vivant, qui est « pauvre en monde » (weltarm), et de celui de l’humain, qui grâce à la parole est « formateur de monde » (weltbildend). De son côté, la mésologie (fûdoron) de Watsuji montrait que les différentes cultures humaines perçoivent et aménagent l’environnement naturel (shizen kankyô) d’une manière spécifique, élaborant ainsi historiquement chacune son milieu propre (fûdo), élaboration qui la structure elle-même dans ce « moment structurel de l’existence humaine » qu’est la médiance (fûdosei). Le problème de la perception apparaît ainsi intimement lié à la mésologie, donc aux notions de milieu et de monde.
Le séminaire entend renouer aussi avec la pensée de Merleau-Ponty comme de Simondon d’un côté, et avec l’écologie de la perception de Gibson de l’autre, en soulignant le rôle du mouvement dans la perception multimodale ainsi que l’importance de l’interaction entre la saisie corporelle de l’environnement et l’influence des propriétés de celui-ci. Nous tenterons de montrer que c’est cette interaction qui, en déployant un espace-temps singulier à partir de notre fondement terrestre, assure le développement de l’être et de sa relation signifiante au monde. De la physique à la psychologie, de la biologie à l’anthropologie, de la philosophie aux sciences sociales, de l’évolution des espèces à l’histoire humaine, de la vision bouddhique des divers niveaux de conscience jusqu’aux sciences cognitives, le séminaire approchera le problème de la perception par de multiples points de vue, pour rendre justice à sa complexité, mais avec le constant souci d’en tirer une interprétation unifiée par la relation entre milieu(x) et monde(s).

Renseignements : s’adresser par courriel aux responsables du séminaire.
Direction de travaux d’étudiants : contacter Luciano Boi par courriel.
Réception : contacter les responsables du séminaire par courriel.
Adresses électroniques de contact : berque@ehess.fr ; lboi@ehess.fr ; yomoreau@ehess.fr ; romaric6@hotmail.com.

Thème général du séminaire en 2015-2016: « Milieu et monde : l’approche mésologique de la perception »

 


Mésologiques: philosophie des milieux

Augustin Berque, directeur d’études*
Luciano Boi, maître de conférences
Mésologie, Umweltlehre, fûdoron : racines épistémologiques et débats actuels
Les 2e et 4e vendredis du mois de 18h à 20h dans l’amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006 Paris.

La question des milieux est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l’Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l’œuvre d’art et à l’architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne.

Renseignements : abilande@wanadoo.fr ; 01 60 12 32 43.
Guide introductif : A. BERQUE, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire?, Nanterre La Défense, Presses universitaires de Paris Ouest, 2014.

Thème général du séminaire en 2014-2015: « Milieu, art, poétique »


Vocabulaire de la Spatialité Japonaise ⎢ 日本の生活空間

Prix du livre de l’Académie d’architecture 2014
Sous la direction de Philippe Bonnin, Nishida Masatsugu et Inaga Shigemi
Préface de Augustin Berque 
CNRS éditions, 2014 
605 pp. 
49 €

Outils de consultation complémentaire en ligne : Index alphabétique français du « Vocabulaire de la spatialité japonaise »

2014_Voc_Spat_JapCe Vocabulaire de la spatialité japonaise est le résultat d’un projet ambitieux, porté par le réseau franco-japonais JAPARCHI. Élaboré depuis une demi-douzaine d’années, il a réuni soixante-quatre auteurs, tous spécialistes du Japon ou Japonais eux-mêmes, et attachés à la question si fascinante et si particulière de la spatialité au Japon. L’ouvrage s’emploie à faire partager au lecteur, par petites touches, sous forme de 199 courts textes, les notions-clefs de la culture japonaise de l’espace, de l’architecture, des jardins, du pavillon de thé, des temples, sanctuaires shintôs et palais, autant que des simples hameaux et maisons populaires, de la ville dense ou des quartiers animés, du mobilier jusqu’aux aménagements du territoire, des origines anciennes jusqu’aux développements les plus contemporains, de l’espace pictural aux avatars de l’urbanité. Chacune de ces notices invite à découvrir ou à comprendre mieux, à visiter sur le terrain les lieux et les monuments, les réalisations ou les dispositifs exemplaires, grâce notamment à une importante iconographie. Des indications savamment choisies «pour en savoir plus » permettent au lecteur de prolonger sa quête, et un ensemble d’index lui facilitent la consultation et conduisent sa recherche.

Revue de presse sélective

Présentation de l’ouvrage au Réseau Asie-Pacifique le vendredi 14 mars 2014
Prix du livre de l’Académie d’Architecture 2014 remis au siège de l’Académie sis 9 place des Vosges, le mercredi 12 novembre 2014